LA SILVER AND CO

# DE LA SILVER ECO À LA SILVER AND CO

Du modèle économique et financier, au modèle du « vivre ensemble » et du « vivre avec ».

La société vote en décembre 2015 la loi vieillissement qui se voit appliquée dès janvier 2016. L’idée : permettre à la personne avançant en âge de continuer à participer à la vie active, permettre aux personnes âgées de rester acteur de la société.

Deux ans plus tard, on fait le point

Transition démographique, augmentation constante du nombre de personnes âgées, papyboomers… La Silver Economie, fréquemment renommée « Silver Eco », pour un peu plus de pep’s, est entrée dans les moeurs. Les cheveux argentés des personnes âgées ont bien fait leur effet, quant au terme économie, il porte tout son sens. Les entreprises fleurissent, les acteurs se multiplient, les opportunités sont nombreuses, la Silver Economie est ce qu’on peut appeler un « marché porteur ».

Mais attention… N’oublions pas que les personnes âgées restent le centre névralgique de la Silver Economie. Les personnes âgées : des êtres humains à part entière, des mémoires vives, riches et variées.

ALOGIA souhaite aujourd’hui mettre le hola, et porter la Silver Economie raisonnable qui se positionne aux antipodes de la « Silver Economie paillettes ». Alexandre PETIT, fondateur et président d’Alogia et Nadia SAHMI, architecte DPLG, passionnée de psychologie et de sociologie, vous proposent une version actualisée de la Silver Eco, mixant la réalité du quotidien d’une personne avançant en âge, aux enjeux économiques de la société.

Welcome dans l’ère de la Silver and Co.

ALEXANDRE PETIT
Fondateur & Président d’ALOGIA

« Une volonté profonde d’entreprendre et d’impulser le changement »

Le respect des personnes âgées, Alexandre en a fait son leitmotiv quotidien. En juin 2014, il crée Alogia, une startup spécialisée dans l’ergonomie de logement et les nouvelles technologies pour personnes âgées. Quatre ans en plus tard, il est à la tête d’une équipe de 8 personnes, pluridisciplinaires et motivées plus que jamais à défendre les valeurs de la startup. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » : c’est dans cet état d’esprit qu’Alexandre construit son quotidien, en mixant persévérence et innovation.

NADIA SAHMI
Architecte DPLG – Cogito Ergo Sum

« Passionnée de psychologie et de sociologie depuis toujours. »

Du beau pour faire du beau ? Non, absolument pas. Nadia Sahmi souhaite faire du beau pour l’Homme et à travers l’Homme. L’Homme avec un grand « H » vous dira t’elle. L’Homme comprenant la femme, l’enfant, le pauvre, le jeune, le moins jeune l’ancien, le fragile.
C’est là, selon Nadia, que le métier d’architecte devient intéressant : « c’est en faisant « pour », « par » et « avec » l’Homme que nous pouvons faire de notre métier quelque chose de beau, que nous pouvons donner du sens à ce que l’on fait et se faire plaisir ».


Devenir Vieux#1 | Devenir « Vieux »


Devenir « vieux », c’est quoi ? Parce que oui, c’est peut être bien par là qu’il faudrait commencer. Commencer par comprendre. Comprendre les changements, ce que cela implique, ce que cela signifie, comprendre le ressenti et les besoins des personnes âgées.

Nadia Sahmi nous dira « une personne âgée ne se définit pas par son âge ». En effet, certaines personnes ne se sentiront pas âgées à 65 ans, voire même à 80. Une personne âgée est avant tout une individualité, une et indivisible, capable de continuité de mémoire et de réflexivité. Une personne bercée par la possibilité de croire, de réfléchir, d’agir en liberté et en contrainte.

Le senior est pluriel et complexe, à l’opposé strict des paradigmes sociaux et psychologiques, imposés par notre société.

Vieillir, c’est simplement changer de rythme. Une personne se définit par son parcours de vie, physique et psychique. De ce fait, elle se sentira âgée, c’est à dire abîmée par la vie, au regard de ce qu’elle aura vécu.


Quatre générations sous le même toit#2 | Quatre générations sous le même toit.


C’est la première fois que nous sommes quatre générations à vivre ensemble. C’est la première fois que nous expérimentons un nouveau mode de vie. Enfants, parents, grands-parents et arrière-grands-parents se connaissent, se côtoient, vivent ensemble. Nous sommes en train de nous adapter à une nouvelle situation.

Nous vivons ce qu’on appelle une transition démographique. Le nombre de seniors augmente et dans deux ans (en 2020), il y aura en France, deux fois plus de personnes âgées qu’en 2005. Ce sujet d’envergure nous impose de mettre en place des process qui changent le regard de la société sur le vieillissement, qui l’humanise et le décloisonne.

Nous devons aller vers le modèle du vivre avec et du vivre ensemble, un modèle gai et coloré, qui créera du lien. Il faut qu’on donne le choix.


Dépasser les limites du bâti#3 | Dépasser les limites du bâti


« Actuellement, le maintien à domicile équivaut à du confinement à domicile. Tel qu’il est pensé, il génère du mal-être, il génère du malheur, c’est violent et il faut en sortir ». (N.S)

La société met en avant le maintien à domicile des personnes âgées en proposant des solutions technologiques et architecturales pour faciliter leur quotidien. Mais, penser uniquement logement, penser uniquement aménagement, penser uniquement adaptation de la salle de bain est beaucoup trop réducteur.

Il est nécessaire de trouver des solutions répondant aux attentes, conscientes et inconscientes des personnes avançant en âge. « On ne peut plus réduire la Silver Economie au seul « jeune retraité actif et consommateur » ou au seul « vieux grabataire à charge » ». (N.S)

Nous pensons qu’il est nécessaire de mettre de côté le terme « logement », employé aujourd’hui à tord et à travers. Il faut aller au-delà, dépasser les limites du bâti.

La vie d’une personne âgée se résume-t-elle à son logement ? Non, bien sur que non ! Parler d’Habitat, de lieu de vie, est plus juste. Un lieu de vie qui comprend le logement certes, mais aussi l’immeuble, ses abords et son voisinnage, le quartier, ses services et ses commerces… Il faut considérer le logement comme un habitat, l’habitat dans un quartier, le quartier avec ses habitants.

« C’est une approche systémique englobant Bâti, Technologie, Organisationnel et Humain qui est à développer sur l’ensemble du territoire », insiste Nadia Sahmi. « La méthode BTOH » comme aime l’appeler Alexandre Petit.


La Silver Economie, un marché complexe et transversal#4 | La Silver Economie, un marché complexe et transversale


La Silver Economie illustre l’interêt grandissant des industriels et entrepreneurs pour les seniors. Le terme « Silver » fait référence à la couleur argentée des cheveux des personnes âgées, quant au terme « Économie », il fait lui référence à tous les secteurs qui sont impactés par l’avancée en âge de la population.

En février 2014, l’État français commence à s’interroger sur les nouveaux besoins de sa population vieillissante. La Silver Economie devient petit à petit une véritable économie, portant sur plusieurs marchés à destination des personnes âgées.

Mais la Silver Economie aujourd’hui, qu’est ce que c’est réellement ? C’est un écosystème transverse et complexe. Aujourd’hui, la réalité du terrain de la Silver Economie est bien loin de ce qui est véhiculé dans l’inconscient collectif. Quand on regarde concrètement les acteurs économiques qui sont sur le marché, quand on creuse et qu’on regarde ceux qui sont rentables, les produits et les services qui ont un vrai modèle économique, un canal de distribution fiable… On se rend compte qu’il y a un monde entre la théorie et la pratique.

La réalité des choses, c’est que tout n’est pas qu’une question d’argent, de nouvelles technologies, de montants de retraite, de structures de soins. Les personnes âgées ne sont pas un « produit » de la Silver Economie à équiper de silver technologies.

Aujourd’hui, il manque quelque chose dans l’équation, et ce quelque chose c’est la prévention. Nous devons être proactif dans notre politique plutôt que réactif. Et c’est à la société de réagir et de trouver les bonnes réponses aux problématiques actuelles.

Selon Alexandre Petit, les premières réponses se trouvent dans le déploiement d’une politique d’anticipation, « il faut que nous arrêtions de faire du correctif et de dire : mamie est tombée, elle est restée toute la journée par terre, et aujourd’hui elle ne peut plus rentrer chez elle. Donc mamie déménage en Résidence Autonomie, puis en EHPAD. Ce schéma là ne correspond plus à la population actuelle. Le parcours résidentiel doit être repensé, il doit évoluer et être mis au goût du jour, car une chose est sûr, nous voulons tous vieillir à domicile. »


Welcome dans l’ère de la Silver And Co#5 | Welcome dans l’ère de la Silver And Co


Aujourd’hui, « on ne crève pas parce qu’on est vieux, on crève parce qu’on est seul. On crève d’isolement. Et c’est à nous tous de reconsidérer cela et de prendre à bras le corps ce problème. La mort fait partie de la vie. On meurt parce que c’est une finalité en soi, incontournable, certes, mais on peut aussi mourir jeune. C’est là que la société se trompe. Il faut permettre à tout un chacun de cultiver sa jeunesse jusqu’au bout. Il ne faut plus penser Silver Eco, il faut penser Silver And Co. ». (N.S)

La Silver And Co va, nous l’espérons, petit à petit, entrer dans les moeurs et prendre place. La société n’a d’autre choix que d’évoluer, et progressivement, aller vers ce nouveau modèle qui reconsidère l’être humain, en cessant de le catégoriser et de l’enfermer à travers cette donnée que nous nommons : l’âge.

Lorsque nous aurons dépassé cela, et cessé de voir l’évolution à travers une approche purement économique et commerciale, alors c’est là que nous allons devenir bon. C’est en pensant Silver And Co que nous allons commencer à apporter les réponses qu’il faut à la société. La Silver And Co impose de décloisonner les sujets, les tranches d’âge, le « vivre avec » et le « vivre ensemble ».

Pour Alexandre Petit, la Silver And Co se définit en trois axes :

  • Aujourd’hui, il est nécessaire de travailler sur le couple aidant/aidé et non pas uniquement sur le senior.
  • L’innovation technologique va de pair avec l’innovation d’usage et doit servir le lien social et rompre l’isolement avant tout.
  • La pluridisciplinarité est essentielle pour créer une politique efficiente à destination de TOUS les seniors, dans leur plus grande diversité.

Faire du beau, du bon et de la qualité c’est bien, mais insuffisant. Pour que cela fonctionne, il faut surtout commencer par re-contextualiser les mémoires, les besoins et les usages.

« Si demain, toutes les mutuelles financent des diagnostics de prévention, c’est parce que nous aurons réussi à les convaincre qu’humainement et économiquement, investir dans la prévention et le respect de la personne rapporte plus que de rester dans l’urgence de la réparation d’un corps anonyme juste vieillissant.
Et je suis persuadé que si nous lançons des campagnes de prévention, si nous anticipons les effets du vieillissement, si nous parlons de ce sujet, sans stigmatisation ni cloisonnement, alors il rentrera dans les moeurs et les consciences. Et nous y gagnerons tous.
Aujourd’hui les accidents de la route, c’est 3000 morts par an, tout le monde connait, les campagnes de communication s’enchaînent.
Et la chute ? [blanc]
Dix mille. [blanc]
Voilà ». (A.P)

Après plusieurs missions réalisées dont une étude sur la rénovation des logements au vieillissement des personnes âgées du quartier de Saragosse, à Pau, nous défendons aujourd’hui la Silver Economie raisonnable et responsable. Cette dernière étude, réalisée en partenariat avec les entreprises Cogito Ergo Sum, La Conciergerie Solidaire et My Olympe, nous a permis de définir une nouvelle approche, humaine et systémique, que nous avons nommée : La Silver And Co.

Ainsi, le confinement, la surprotection voir l’infantilisation des personnes âgées, la sectorisation des aînés et des aidants par âge, la stigmatisation et l’institutionnalisation du handicap et du vieillissement sont autant de concepts sur lesquels nous nous mettons en opposition franche.

A l’inverse, nous plaidons pour un attachement fort au territoire dans un objectif de maintien sur son lieu de vie. Nous plaidons pour le choix libre et en conscience de son projet de vie et veillons à l’intégration de nos aînés pour ne plus qu’ils subissent leurs parcours résidentiels. Nous plaidons la Silver And Co : passer du « je » au « nous », pour une réciprocité partagée. Nous plaidons pour une innovation par les technologies favorisant la relation à l’autre.

Le recul que nous avons aujourd’hui nous permet d’affirmer que le ciblage intensif « pour personnes âgées » entache la cohésion sociale. Les services, les logements, les produits spécifiquement et uniquement réservés aux seniors accentuent la catégorisation de la population par âge et distancie toujours un peu plus les générations les unes des autres.

Un habitat favorable au vieillissement repose sur une approche organisationnelle, bâti, humaine et technologique qui exige de :

  • Faire évoluer la qualité de services et des acteurs territoriaux
  • Faire évoluer la qualité des aménagements des espaces intimes et partagés
  • Faire évoluer la qualité humaine des équipements technologiques

« L’expérience de chacun est le trésor de tous. »
Gérard de Nerval, La bohème galante

Par : Léa Kessler – Alogia

HOME SWEET HOME ; LA MAISON DES BABAYAGAS

maison des babayagas

HOME SWEET HOME ; LA MAISON DES BABAYAGAS

« Il fait un vent à décorner les cocus »
« Et dire que nos maris sont tous dehors… ! »

Paroles de babayagas

 

Le ton est donné ! C’est avec le sourire que celles qu’on surnomme « les babayagas » nous accueillent chez elles, à Montreuil. Ici, plus de barrières, les clichés de la société peuvent rester à l’entrée ! Nous allons, durant quelques heures et autour d’un repas partagé, intégrer le quotidien de ces femmes de plus de 60 ans, bien loin de la routine habituelle. Bienvenue à la maison des babayagas, cet habitat participatif & autogéré par ces « mamies » autonomes, indépendantes et pour la plupart, féministes, militantes et engagées.

RETOUR AUX ORIGINES

 

Un peu intimidées au premier abord et quelque peu interloquées par les premiers mots des babayagas, nous apportons notre cake au thon trop cuit et notre boite de cannelés sur la grande table où sont réunis mille et un mets appétissants. Très vite, nous remarquons que l’âme de Therèse Clerc, règne encore au-dessus de la maison des babayagas, « C’était une femme exceptionnelle, elle avançait vite, parfois trop. Il fallait que les choses soient exactement comme elle les imaginait dans sa tête. Mais je crois qu’aujourd’hui, si elle voyait ce qu’on est devenues, ça lui plairait, … beaucoup. »

Thérèse Clerc était la présidente & fondatrice de la maison des babayagas. Militante et féministe elle s’était lancée le pari fou de créer un lieu de vie pour les femmes âgées, où solidarité, autogestion et partage en seraient les mots-clés. Montrer que « vieillir vieux, c’est bien » mais que « bien vieillir, c’est mieux » était la devise de Thérèse, et pour elle, une révolution n’aurait pas été de trop pour faire changer les mentalités. « Elle était déterminée et aurait pu déplacer des montagnes pour La maison des babayagas. C’était son projet à elle. Il l’a animé, il l’a fait vivre, puis il l’a tué. » Thérèse est décédée à l’âge de 88 ans, « Elle avait eu un cancer il y a plusieurs années en arrière. Il est finalement revenu en 2016 ».

C’est Arghyro Bardi, surnommée « Iro » qui a pris la relève après le décès de Thérèse. « Iro, c’était une femme d’origine grecque, une amie de Thérèse. C’était aussi une pure militante, une très belle âme, une femme engagée, passionnée et passionnante ». La maison des babayagas traversait une mauvaise passe, une grande partie du groupe avait démissionné, abandonné le projet, et c’est Iro qui a su « lui redonner de l’élan, du sens ». Une des babayagas présente depuis l’origine du projet nous confie : « C’est vrai que c’est bien, dans ces moments là, qu’il y ait une personnalité qui émerge. Cette fois-ci c’était Iro. Malheureusement elle est décédée rapidement ».

Aujourd’hui, chacune des babayagas a su trouver sa place, « le temps a coulé, on s’apprécie, on se respecte, sans se spolier, sans se marcher dessus ». Bien évidemment, et nous le ressentons immédiatement, chacune a son caractère et souvent, bien trempé. Mais après tout, heureusement, sinon ce serait bien trop monotone pour des babayagas ! « Alors forcément, il y a des choses inévitables, mais je pense qu’il y a quand même une forme de bienveillance. Oui, une forme de bienveillance et de gentillesse. Mais ça, c’est le temps qui l’a permis, le temps que chacune trouve sa place et crée son espace ».


LA MAISON DES BABAYAGAS : L’ANTI MAISON DE RETRAITE

 

Aujourd’hui, la maison des babayagas, c’est 25 logements de type T1 ou T2, de 25 à 40 m2 environ. « C’est très honorable pour la région parisienne, c’est vraiment très honorable. Pour une personne seule, c’est très bien, on a tout à portée de main, les services, les commerces. »
Aujourd’hui, la maison des babayagas c’est un immeuble plutôt moderne, à la façade grise et orange. Rien d’extraordinaire à première vue. Des arbustes dépassent du muret et laissent les passants sur leur fin, curieux et intrigués de savoir ce qu’il peut bien se cacher derrière. Parce que oui, la maison des babayagas est plutôt « popu » à Montreuil. Des gens viennent de toute la France et même des pays voisins pour la visiter et rencontrer ces mamies un peu spéciales ! «  Je pense qu’il doit y avoir quelque chose qui nous échappe, parce que c’est vrai que notre maison suscite beaucoup d’intérêt de l’extérieur. Il y a beaucoup de personnes qui veulent voir, qui veulent rentrer. On est souvent sollicitées pour des entretiens avec des architectes, des journalistes… Nous on ne se rend pas vraiment compte. Mais c’est vrai, je suis d’accord, cette maison est un peu magique. En revanche, y-a-t-‘il une recette ? … ! »

UNE RECETTE MAGIQUE

 

Cette initiative est-elle réplicable ? Marcherait-elle de la même manière ailleurs ? Dans un autre lieu ? Avec d’autres personnes ? La question reste en suspens.

Il est un point que nous retiendrons tout particulièrement et que nous souhaitons vous partager : la maison des babayagas, ce n’est pas une maison de retraite. Parce que la maison de retraite, « c’est tellement horrible » ! N’imaginez pas une seule seconde les convaincre du contraire, vous risqueriez de vous retrouver face à 25 babayagas déterminées à vous faire changer d’avis !  « Ici, on se fait une nouvelle vie. La maison des babayagas ce n’est pas une maison de retraite où l’on attend patiemment de mourir. Nous sommes hyper actives, nous sommes dans l’action et non dans l’attente ». Les babayagas sont autonomes, indépendantes et dynamiques. Pour elles, pas question de se laisser aller, de se laisser porter par le temps ou par les autres, bien au contraire. La « positive attitude » est de rigueur, soutenue par une volonté profonde d’être dans l’action. « Je crois qu’il faut être optimiste, et non égoïste. Nous ne sommes pas dans le : si on ne fait rien ça ne va pas, et si on fait quelque chose, on fait trop. Il faut arrêter de jouer dans les bacs à sable si on veut vivre chez les babayagas. Fini les chamailleries, sinon ce n’est pas bon ! »

Tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin à une maison de retraite est à exclure, à bannir !

Un espace commun pour organiser des ateliers chaque mercredi après-midi ? Non merci, vous répondront-elles ! Parce que chez les babayagas « on ne veut pas de ça, on ne veut surtout pas de ça. Nous ne sommes pas une maison de retraite. Nous ne sommes pas, intrinsèquement pas, une maison de retraite, ni un palliatif à une maison de retraite ».

Compris ?

Mais alors comment définir cette étrange maison des babayagas. Nous avons essayé.

La maison des babayagas, c’est un lieu de vie, de partage et d’entraide, autogéré par des femmes de plus de 60 ans, autonomes, dynamiques, actives, et indépendantes, parfois même militantes, féministes et engagées. C’est un lieu accueillant, un lieu ouvert sur l’extérieur, «  un lieu où l’on se fait du bien ».

LES BABAYAGAS, DES FEMMES ET UNIQUEMENT DES FEMMES

 

C’est bien ! Aucune ambiguïté ! Les babayagas sont devenues des voisines et souvent même,… amies. « Moi j’aime bien avoir des amies femmes, j’aime bien avoir des amis hommes aussi, mais là je sens que ce sont de vraies amies. Je ne souhaiterais pas que ce soit autre chose que des amies ! Et pas des amies qu’on colle tout le temps ! C’est le bonheur absolu d’avoir des amies !! »

Même âge, même convictions ou presque, les babayagas sont sûres d’une chose, chez elles, règne la tolérance et le respect « On n’a pas besoin de beaucoup de temps pour se comprendre. Nous ne sommes pas dans la surenchère. On n’est pas non plus dans un truc de séduction. Et puis on a un vécu. Je veux dire par là que les femmes qui arrivent chez les babayagas ont souvent un gros vécu derrière elles, et j’ai l’impression qu’il y a une forme de tolérance, une certaine écoute, une certaine bienveillance, une forme de respect qui se met en place de suite, sans attendre. Parce que…, je suis qui pour te juger… non, jamais de la vie ça ! »

LA RENCONTRE DES BABAYAGAS :
QUELQUES HEURES DE PARTAGE & UNE BELLE LEÇON DE VIE

 

Pour conclure, nous vous dirons que la maison des babayagas est un petit écosystème autosuffisant à part entière. Ne pensez pas que tout est rose tout le temps, non bien au contraire, ça ne ressemblerait pas du tout aux babayagas ! Mais en tous les cas, ça marche, ça fonctionne, ça roule, ça vit !
« J’ai l’impression que la maison nous maintient en bonne santé. La vie tourne, la vie tourne dans cette maison, c’est vivant, nous sommes vivantes ! »

Un grand merci à toutes les babayagas, pour nous avoir reçues et fait partager ce moment. A très bientôt nous l’espérons !

 

 

Par Léa Kessler © ALOGIA

OECKO DÉBARQUE !

OECKO DÉBARQUE !

Oecko, c’est un écran interactif, une plateforme de communication dynamique qui donne des informations sur la vie d’un l’établissement. Cela fait maintenant deux semaines que les personnes âgées de la Résidence seniors Presqu’Île partagent leur quotidien avec Oecko. Ce nouvel outil est devenu l’objet de toutes les convoitises et chacun y va de sa personne pour donner son avis !

Entre interrogations et aspiration les résidents n’hésitent pas à nous dévoiler leur point de vue. Monsieur Dupont nous confie : « J’ai eu la curiosité de regarder les dates d’anniversaires, mais je sais que c’est un petit peu indiscret ! Je veux dire par là, surtout pour les dames. Enfin peu importe, ça permet de situer les tranches d’âges ! Par exemple, ceux qui sont nés en 34, ce sont des jeunes pour moi ! »

Pour Madame Jeanne, Oecko est un véritable pense-bête qui pourrait bien lui être utile dans son quotidien « Et bien ma foi je trouve que c’est une bonne chose pour les renseignements.  C’est pratique car on ne se rappelle pas toujours le nom de tous les résidents. Et puis on peut comparer les âges vous voyez. »

Cet outil interactif ne semble cependant pas être appréhendé de la même manière par toutes les personnes âgées. Madame Lauren à quant à elle l’habitude d’utiliser les technologies numériques et Oecko ne semble pas révolutionner son quotidien « Pour le moment, je ne m’en sers pas tellement. Je suis déjà au courant de tout : on a les menus, on est bien informés. Et puis j’ai un ordinateur pour la météo, les informations, et je sais très bien utiliser mon smartphone… ». Puis elle nous confie en rigolant : « J’ai encore de la mémoire donc pour le moment ça va ! Mais je pense que pour certaines personnes cet outil peut être intéressant. » Une information précieuse pour la suite du test quant à la définition de la cible pour ce produit.

Oecko est une nouveauté dans le quotidien des personnes âgées mais pas que ! C’est aussi un changement dans celui des aidants professionnels. Marie Bernadette, la responsable de La Presqu’île nous explique son point de vue sur ce nouveau produit « Avant, on le voyait dans d’autres structures, styles aéroport/agence mais je ne pensais pas qu’un jour il se trouverait à La Presqu’Île. Je trouve que c’est vraiment super ! C’est actuel et dynamique. » Marie Bernadette n’est pas une pro de l’informatique certes, mais après une semaine de prise en main, elle arrive aujourd’hui à utiliser le logiciel « Une fois les bases apprises c’est très accessible ! »

Oecko déménage ! Il va maintenant être mis en place durant trois semaines dans une résidence seniors appartenant à Logévie. De quoi recueillir de nombreux témoignages et avis qui nous permettront d’affirmer ou d’infirmer ces premières suppositions.

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Margaux Deville.

L’INNOVATION PAR LA SIGNALÉTIQUE !

L’INNOVATION PAR LA SIGNALÉTIQUE !


« Avant qu’elle ne fonde sur nous, la vieillesse est une chose qui ne concerne que les autres. Ainsi peut-on comprendre que la société réussisse à nous détourner de voir dans les vieilles gens nos semblables. » 

Simone de Beauvoir, 1970, « La vieillesse ».

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Avant de commencer notre travail de Recherches & Développement, nous nous sommes interrogés sur les termes « vieillesse », « être un sénior », « être vieux » afin de mieux comprendre le quotidien des personnes âgées.

En effet, et comme le souligne Bréchat, Vogel, Bérard, Lonsdorfer, Kaltenbach, et Berthel (2008), on ne devient pas subitement sénior lorsqu’on arrive à l’âge des 60 ans, bien au contraire, la vieillesse est un processus lent et progressif. Devenir sénior implique un changement des habitudes de vie, et des besoins différents. En effet et comme l’indique Alexandre Petit, « Un monsieur de 80 ans peut dire : on est vieux à 102. Moi je suis jeune encore ! ». Vincent Caradec privilégie « la position dans le cycle de vie » (2008, p.48) qui selon lui semble avoir davantage de pertinence sociologiquement parlant. Après tout, quand est-ce que la jeunesse se termine, quand est-ce que la vieillesse commence ? Après tout, on peut se sentir jeune à 80 ans ? Pour les personnes âgées, le vieillissement se ressent de la même façon ; par l’apparition de problèmes de santé récurrents ou de douleurs chroniques.

La notion de « bien vieillir »

Il nous semble, d’après les nombreuses discussions que nous avons pu avoir avec les personnes âgées interrogées, que le bien-vieillir signifie littéralement « vieillir dans de bonnes conditions ». Cela correspond au maintien de l’autonomie que ce soit sur le plan physique, cognitif ou social. Chaque personne est unique, avec ses caractéristiques, sa personnalité et son environnement qui lui sont propres. Ainsi la définition du bien-vieillir peut varier d’un sénior à l’autre.

Chez Alogia, nous avons une volonté : améliorer le quotidien des personnes âgées. Le confort, la sécurité et le bien être des personnes âgées sont notre priorité.

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Du domicile à la maison de retraite : l’acceptation d’un nouveau lieu de vie

L’arrivée en maison de retraite est souvent un moment difficile, tant pour la personne âgée que pour sa famille. Nous pensons qu’il est extrêmement important de prendre soin de chaque résident en leur accordant du temps. Du temps pour le rassurer, pour le mettre en confiance dans ce nouvel environnement.

C’est pour cela que nous avons mis en place des ateliers « bien-être » pour les EHPAD.

Des portraits valorisants : soyons beaux, soyons heureux !

Il est temps de se faire belle et beau ! Une jolie coiffure, un nouveau vernis à ongle, un petit peu de maquillage, un soupçon de rouge à lèvre et pour finir de jolis habits colorés et confortables. Ici, finis les clichés, dans ce nouveau lieu de vie on est bien, on est beau, on est accompagné et sur­tout on est heureux. Durant chaque atelier, une esthéticienne est présente et réalise des soins de relaxation et de bien-être.

Pour ceux qui l’acceptent, une séance photo est organisée. Une séance photo qui nous permettra de créer un portrait valorisant, joyeux et chaleureux.

Ces portraits sont des éléments à part entière de la signalétique de l’établissement ; ils peuvent être placés sur la porte de chambre des personnes âgées, pour faciliter leur orientation au sein de la maison de retraite.

4 ateliers « bien être », 61 résidents, 61 portraits valorisants.

C’est à l’EHPAD Clairière de Bel Air que nous nous sommes rendu pour réaliser ces ateliers. Nous avons recueilli les plus beaux sourires des personnes âgées. C’était de véritables moments d’échanges et de confidences dans une ambiance calme et détendue. Les résidents se sont laissés bercer par la musique et le massage des mains effectué par nos esthéticiennes spécialisées. Nous vous laissons découvrir les résultats de l’atelier « bien être » à l’EHPAD Clairière de Bel Air au Haillan.

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Léa Kessler.

SALUTATION, JE SUIS KOMPAÏ

SALUTATION, JE SUIS KOMPAÏ

Aujourd’hui, 56% des personnes âgées se montreraient favorables à la présence d’un robot d’assistance à leur domicile (Prospective sur la robotique personnelle et de service, 2012). Le marché de la robotique connaît actuellement un fort développement et comme toutes innovations, de nombreux questionnements arrivent.

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Entre innovation et progrès, comment intégrer les robots dans le quotidien des personnes âgées sans pour autant modifier leurs habitudes de vie ? 

Pour creuser la question, direction L’EHPA La Bérengère au Bouscat. Durant 15 jours, l’équipe d’Alogia, en partenariat avec Logévie et Robosoft, a mis en place le test du robot Kompaï en situation réelle. L’objectif : recueillir tous les avis et témoignages, d’une part des personnes âgées et d’autre part des aidants professionnels et personnels.

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C’est donc un nouveau résident un peu particulier qui a fait son entrée à l’EHPA La Bérengère : le robot Kompaï (renommé « Jules » par les résidents).

Dans un premier temps réticents, les résidents étaient quelque peu renfrognés à l’idée de modifier leurs habitudes de vie : « voilà le robot, je m’en vais », « nous on a une chanteuse ici, c’est mieux qu’un robot », « c’est du matériel pour l’avenir ».

Reflet de l’avancée en âge, de la perte d’autonomie et de l’arrivée progressive de la dépendance, Jules a amené les résidents à se poser un grand nombre de questions.

Mais au fur et à mesure des jours, chacun a su prendre du temps pour intégrer et accepter Jules. Sourire et bonne humeur étaient de retour : « c’est Jules, comme mon neveux », « il est marrant celui-là », « on se rappellera de toi mon petit Jules ».

Hier, avait lieu la restitution de ce premier test en direct de l’EHPA La Berengère. Nombreux sont les intervenants à être venu écouter les propos de Maryne Cotty, notre doctorante en anthropologie et sociologie. Nous souhaitons remercier tous les participants pour les échanges qui ont suivi et qui nous permettront d’avancer et de créer ensemble, le robot de demain, adapté, utile et utilisé. Un grand merci à Logévie, Robosoft, la CARSAT, Bordeaux Métropole, Sud-Ouest, TV7 et aussi et surtout, nos chers résidents sans qui, le test n’aurait pu avoir lieu.

C’est autour de la galette des rois que s’achève la restitution. Il ne faut pas le dire, mais c’est Monsieur Jean qui a eu la fève 🙂

PS : le point commun entre un robot et une sauce napolitaine, c’est qu’ils sont tous les deux « automates » 🙂 !

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Margaux Deville.

1, 2, 3, CHEEZZ !

1, 2, 3, CHEEZZ !

C’est à l’EHPAD Clairière de Bel Air que nous nous sommes rendu ce matin pour réaliser un atelier « bien-être » avec les personnes âgées de l’établissement. 

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Nous préparons la salle d’animation, objectif détente et sourires sur tous les visages. Muriel De Aranjo, l’esthéticienne, prépare tout son matériel afin de pouvoir accueillir les résidents dans les meilleures conditions possibles. Les huiles essentielles de lavande nous plongent déjà dans une atmosphère pleine de douceur. Le studio photo prend forme. Nous sommes fin prêtes, l’atelier « bien-être » peut commencer.

Les premiers résidents arrivent, accompagnés de Carole, la psychologue de l’établissement et de l’animateur. Un peu intimidé au premier abord, chacun se laisse petit à petit aller au jeu de la photo. Nous recueillons les plus beaux sourires des personnes âgées. C’est ensuite un véritable moment d’échanges et de détente qui se met en place. Les résidents se laisse bercer par la musique et le massage des mains que Murielle réalise.

Aujourd’hui, nous avons fait la connaissance de 17 résidents. Nous avons passé un très bon moment avec chacun d’entres eux. Rendez-vous jeudi 3 Novembre pour le prochain atelier. Entre temps, nous allons retravailler et imprimer chacun des portraits réalisés.

Atelier Bien Être - ALOGIA
Atelier Bien Être - ALOGIA