LA SILVER AND CO

# DE LA SILVER ECO À LA SILVER AND CO

Du modèle économique et financier, au modèle du « vivre ensemble » et du « vivre avec ».

La société vote en décembre 2015 la loi vieillissement qui se voit appliquée dès janvier 2016. L’idée : permettre à la personne avançant en âge de continuer à participer à la vie active, permettre aux personnes âgées de rester acteur de la société.

Deux ans plus tard, on fait le point

Transition démographique, augmentation constante du nombre de personnes âgées, papyboomers… La Silver Economie, fréquemment renommée « Silver Eco », pour un peu plus de pep’s, est entrée dans les moeurs. Les cheveux argentés des personnes âgées ont bien fait leur effet, quant au terme économie, il porte tout son sens. Les entreprises fleurissent, les acteurs se multiplient, les opportunités sont nombreuses, la Silver Economie est ce qu’on peut appeler un « marché porteur ».

Mais attention… N’oublions pas que les personnes âgées restent le centre névralgique de la Silver Economie. Les personnes âgées : des êtres humains à part entière, des mémoires vives, riches et variées.

ALOGIA souhaite aujourd’hui mettre le hola, et porter la Silver Economie raisonnable qui se positionne aux antipodes de la « Silver Economie paillettes ». Alexandre PETIT, fondateur et président d’Alogia et Nadia SAHMI, architecte DPLG, passionnée de psychologie et de sociologie, vous proposent une version actualisée de la Silver Eco, mixant la réalité du quotidien d’une personne avançant en âge, aux enjeux économiques de la société.

Welcome dans l’ère de la Silver and Co.

ALEXANDRE PETIT
Fondateur & Président d’ALOGIA

« Une volonté profonde d’entreprendre et d’impulser le changement »

Le respect des personnes âgées, Alexandre en a fait son leitmotiv quotidien. En juin 2014, il crée Alogia, une startup spécialisée dans l’ergonomie de logement et les nouvelles technologies pour personnes âgées. Quatre ans en plus tard, il est à la tête d’une équipe de 8 personnes, pluridisciplinaires et motivées plus que jamais à défendre les valeurs de la startup. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » : c’est dans cet état d’esprit qu’Alexandre construit son quotidien, en mixant persévérence et innovation.

NADIA SAHMI
Architecte DPLG – Cogito Ergo Sum

« Passionnée de psychologie et de sociologie depuis toujours. »

Du beau pour faire du beau ? Non, absolument pas. Nadia Sahmi souhaite faire du beau pour l’Homme et à travers l’Homme. L’Homme avec un grand « H » vous dira t’elle. L’Homme comprenant la femme, l’enfant, le pauvre, le jeune, le moins jeune l’ancien, le fragile.
C’est là, selon Nadia, que le métier d’architecte devient intéressant : « c’est en faisant « pour », « par » et « avec » l’Homme que nous pouvons faire de notre métier quelque chose de beau, que nous pouvons donner du sens à ce que l’on fait et se faire plaisir ».


Devenir Vieux#1 | Devenir « Vieux »


Devenir « vieux », c’est quoi ? Parce que oui, c’est peut être bien par là qu’il faudrait commencer. Commencer par comprendre. Comprendre les changements, ce que cela implique, ce que cela signifie, comprendre le ressenti et les besoins des personnes âgées.

Nadia Sahmi nous dira « une personne âgée ne se définit pas par son âge ». En effet, certaines personnes ne se sentiront pas âgées à 65 ans, voire même à 80. Une personne âgée est avant tout une individualité, une et indivisible, capable de continuité de mémoire et de réflexivité. Une personne bercée par la possibilité de croire, de réfléchir, d’agir en liberté et en contrainte.

Le senior est pluriel et complexe, à l’opposé strict des paradigmes sociaux et psychologiques, imposés par notre société.

Vieillir, c’est simplement changer de rythme. Une personne se définit par son parcours de vie, physique et psychique. De ce fait, elle se sentira âgée, c’est à dire abîmée par la vie, au regard de ce qu’elle aura vécu.


Quatre générations sous le même toit#2 | Quatre générations sous le même toit.


C’est la première fois que nous sommes quatre générations à vivre ensemble. C’est la première fois que nous expérimentons un nouveau mode de vie. Enfants, parents, grands-parents et arrière-grands-parents se connaissent, se côtoient, vivent ensemble. Nous sommes en train de nous adapter à une nouvelle situation.

Nous vivons ce qu’on appelle une transition démographique. Le nombre de seniors augmente et dans deux ans (en 2020), il y aura en France, deux fois plus de personnes âgées qu’en 2005. Ce sujet d’envergure nous impose de mettre en place des process qui changent le regard de la société sur le vieillissement, qui l’humanise et le décloisonne.

Nous devons aller vers le modèle du vivre avec et du vivre ensemble, un modèle gai et coloré, qui créera du lien. Il faut qu’on donne le choix.


Dépasser les limites du bâti#3 | Dépasser les limites du bâti


« Actuellement, le maintien à domicile équivaut à du confinement à domicile. Tel qu’il est pensé, il génère du mal-être, il génère du malheur, c’est violent et il faut en sortir ». (N.S)

La société met en avant le maintien à domicile des personnes âgées en proposant des solutions technologiques et architecturales pour faciliter leur quotidien. Mais, penser uniquement logement, penser uniquement aménagement, penser uniquement adaptation de la salle de bain est beaucoup trop réducteur.

Il est nécessaire de trouver des solutions répondant aux attentes, conscientes et inconscientes des personnes avançant en âge. « On ne peut plus réduire la Silver Economie au seul « jeune retraité actif et consommateur » ou au seul « vieux grabataire à charge » ». (N.S)

Nous pensons qu’il est nécessaire de mettre de côté le terme « logement », employé aujourd’hui à tord et à travers. Il faut aller au-delà, dépasser les limites du bâti.

La vie d’une personne âgée se résume-t-elle à son logement ? Non, bien sur que non ! Parler d’Habitat, de lieu de vie, est plus juste. Un lieu de vie qui comprend le logement certes, mais aussi l’immeuble, ses abords et son voisinnage, le quartier, ses services et ses commerces… Il faut considérer le logement comme un habitat, l’habitat dans un quartier, le quartier avec ses habitants.

« C’est une approche systémique englobant Bâti, Technologie, Organisationnel et Humain qui est à développer sur l’ensemble du territoire », insiste Nadia Sahmi. « La méthode BTOH » comme aime l’appeler Alexandre Petit.


La Silver Economie, un marché complexe et transversal#4 | La Silver Economie, un marché complexe et transversale


La Silver Economie illustre l’interêt grandissant des industriels et entrepreneurs pour les seniors. Le terme « Silver » fait référence à la couleur argentée des cheveux des personnes âgées, quant au terme « Économie », il fait lui référence à tous les secteurs qui sont impactés par l’avancée en âge de la population.

En février 2014, l’État français commence à s’interroger sur les nouveaux besoins de sa population vieillissante. La Silver Economie devient petit à petit une véritable économie, portant sur plusieurs marchés à destination des personnes âgées.

Mais la Silver Economie aujourd’hui, qu’est ce que c’est réellement ? C’est un écosystème transverse et complexe. Aujourd’hui, la réalité du terrain de la Silver Economie est bien loin de ce qui est véhiculé dans l’inconscient collectif. Quand on regarde concrètement les acteurs économiques qui sont sur le marché, quand on creuse et qu’on regarde ceux qui sont rentables, les produits et les services qui ont un vrai modèle économique, un canal de distribution fiable… On se rend compte qu’il y a un monde entre la théorie et la pratique.

La réalité des choses, c’est que tout n’est pas qu’une question d’argent, de nouvelles technologies, de montants de retraite, de structures de soins. Les personnes âgées ne sont pas un « produit » de la Silver Economie à équiper de silver technologies.

Aujourd’hui, il manque quelque chose dans l’équation, et ce quelque chose c’est la prévention. Nous devons être proactif dans notre politique plutôt que réactif. Et c’est à la société de réagir et de trouver les bonnes réponses aux problématiques actuelles.

Selon Alexandre Petit, les premières réponses se trouvent dans le déploiement d’une politique d’anticipation, « il faut que nous arrêtions de faire du correctif et de dire : mamie est tombée, elle est restée toute la journée par terre, et aujourd’hui elle ne peut plus rentrer chez elle. Donc mamie déménage en Résidence Autonomie, puis en EHPAD. Ce schéma là ne correspond plus à la population actuelle. Le parcours résidentiel doit être repensé, il doit évoluer et être mis au goût du jour, car une chose est sûr, nous voulons tous vieillir à domicile. »


Welcome dans l’ère de la Silver And Co#5 | Welcome dans l’ère de la Silver And Co


Aujourd’hui, « on ne crève pas parce qu’on est vieux, on crève parce qu’on est seul. On crève d’isolement. Et c’est à nous tous de reconsidérer cela et de prendre à bras le corps ce problème. La mort fait partie de la vie. On meurt parce que c’est une finalité en soi, incontournable, certes, mais on peut aussi mourir jeune. C’est là que la société se trompe. Il faut permettre à tout un chacun de cultiver sa jeunesse jusqu’au bout. Il ne faut plus penser Silver Eco, il faut penser Silver And Co. ». (N.S)

La Silver And Co va, nous l’espérons, petit à petit, entrer dans les moeurs et prendre place. La société n’a d’autre choix que d’évoluer, et progressivement, aller vers ce nouveau modèle qui reconsidère l’être humain, en cessant de le catégoriser et de l’enfermer à travers cette donnée que nous nommons : l’âge.

Lorsque nous aurons dépassé cela, et cessé de voir l’évolution à travers une approche purement économique et commerciale, alors c’est là que nous allons devenir bon. C’est en pensant Silver And Co que nous allons commencer à apporter les réponses qu’il faut à la société. La Silver And Co impose de décloisonner les sujets, les tranches d’âge, le « vivre avec » et le « vivre ensemble ».

Pour Alexandre Petit, la Silver And Co se définit en trois axes :

  • Aujourd’hui, il est nécessaire de travailler sur le couple aidant/aidé et non pas uniquement sur le senior.
  • L’innovation technologique va de pair avec l’innovation d’usage et doit servir le lien social et rompre l’isolement avant tout.
  • La pluridisciplinarité est essentielle pour créer une politique efficiente à destination de TOUS les seniors, dans leur plus grande diversité.

Faire du beau, du bon et de la qualité c’est bien, mais insuffisant. Pour que cela fonctionne, il faut surtout commencer par re-contextualiser les mémoires, les besoins et les usages.

« Si demain, toutes les mutuelles financent des diagnostics de prévention, c’est parce que nous aurons réussi à les convaincre qu’humainement et économiquement, investir dans la prévention et le respect de la personne rapporte plus que de rester dans l’urgence de la réparation d’un corps anonyme juste vieillissant.
Et je suis persuadé que si nous lançons des campagnes de prévention, si nous anticipons les effets du vieillissement, si nous parlons de ce sujet, sans stigmatisation ni cloisonnement, alors il rentrera dans les moeurs et les consciences. Et nous y gagnerons tous.
Aujourd’hui les accidents de la route, c’est 3000 morts par an, tout le monde connait, les campagnes de communication s’enchaînent.
Et la chute ? [blanc]
Dix mille. [blanc]
Voilà ». (A.P)

Après plusieurs missions réalisées dont une étude sur la rénovation des logements au vieillissement des personnes âgées du quartier de Saragosse, à Pau, nous défendons aujourd’hui la Silver Economie raisonnable et responsable. Cette dernière étude, réalisée en partenariat avec les entreprises Cogito Ergo Sum, La Conciergerie Solidaire et My Olympe, nous a permis de définir une nouvelle approche, humaine et systémique, que nous avons nommée : La Silver And Co.

Ainsi, le confinement, la surprotection voir l’infantilisation des personnes âgées, la sectorisation des aînés et des aidants par âge, la stigmatisation et l’institutionnalisation du handicap et du vieillissement sont autant de concepts sur lesquels nous nous mettons en opposition franche.

A l’inverse, nous plaidons pour un attachement fort au territoire dans un objectif de maintien sur son lieu de vie. Nous plaidons pour le choix libre et en conscience de son projet de vie et veillons à l’intégration de nos aînés pour ne plus qu’ils subissent leurs parcours résidentiels. Nous plaidons la Silver And Co : passer du « je » au « nous », pour une réciprocité partagée. Nous plaidons pour une innovation par les technologies favorisant la relation à l’autre.

Le recul que nous avons aujourd’hui nous permet d’affirmer que le ciblage intensif « pour personnes âgées » entache la cohésion sociale. Les services, les logements, les produits spécifiquement et uniquement réservés aux seniors accentuent la catégorisation de la population par âge et distancie toujours un peu plus les générations les unes des autres.

Un habitat favorable au vieillissement repose sur une approche organisationnelle, bâti, humaine et technologique qui exige de :

  • Faire évoluer la qualité de services et des acteurs territoriaux
  • Faire évoluer la qualité des aménagements des espaces intimes et partagés
  • Faire évoluer la qualité humaine des équipements technologiques

« L’expérience de chacun est le trésor de tous. »
Gérard de Nerval, La bohème galante

Par : Léa Kessler – Alogia

HOME SWEET HOME ; LA MAISON DES BABAYAGAS

maison des babayagas

HOME SWEET HOME ; LA MAISON DES BABAYAGAS

« Il fait un vent à décorner les cocus »
« Et dire que nos maris sont tous dehors… ! »

Paroles de babayagas

 

Le ton est donné ! C’est avec le sourire que celles qu’on surnomme « les babayagas » nous accueillent chez elles, à Montreuil. Ici, plus de barrières, les clichés de la société peuvent rester à l’entrée ! Nous allons, durant quelques heures et autour d’un repas partagé, intégrer le quotidien de ces femmes de plus de 60 ans, bien loin de la routine habituelle. Bienvenue à la maison des babayagas, cet habitat participatif & autogéré par ces « mamies » autonomes, indépendantes et pour la plupart, féministes, militantes et engagées.

RETOUR AUX ORIGINES

 

Un peu intimidées au premier abord et quelque peu interloquées par les premiers mots des babayagas, nous apportons notre cake au thon trop cuit et notre boite de cannelés sur la grande table où sont réunis mille et un mets appétissants. Très vite, nous remarquons que l’âme de Therèse Clerc, règne encore au-dessus de la maison des babayagas, « C’était une femme exceptionnelle, elle avançait vite, parfois trop. Il fallait que les choses soient exactement comme elle les imaginait dans sa tête. Mais je crois qu’aujourd’hui, si elle voyait ce qu’on est devenues, ça lui plairait, … beaucoup. »

Thérèse Clerc était la présidente & fondatrice de la maison des babayagas. Militante et féministe elle s’était lancée le pari fou de créer un lieu de vie pour les femmes âgées, où solidarité, autogestion et partage en seraient les mots-clés. Montrer que « vieillir vieux, c’est bien » mais que « bien vieillir, c’est mieux » était la devise de Thérèse, et pour elle, une révolution n’aurait pas été de trop pour faire changer les mentalités. « Elle était déterminée et aurait pu déplacer des montagnes pour La maison des babayagas. C’était son projet à elle. Il l’a animé, il l’a fait vivre, puis il l’a tué. » Thérèse est décédée à l’âge de 88 ans, « Elle avait eu un cancer il y a plusieurs années en arrière. Il est finalement revenu en 2016 ».

C’est Arghyro Bardi, surnommée « Iro » qui a pris la relève après le décès de Thérèse. « Iro, c’était une femme d’origine grecque, une amie de Thérèse. C’était aussi une pure militante, une très belle âme, une femme engagée, passionnée et passionnante ». La maison des babayagas traversait une mauvaise passe, une grande partie du groupe avait démissionné, abandonné le projet, et c’est Iro qui a su « lui redonner de l’élan, du sens ». Une des babayagas présente depuis l’origine du projet nous confie : « C’est vrai que c’est bien, dans ces moments là, qu’il y ait une personnalité qui émerge. Cette fois-ci c’était Iro. Malheureusement elle est décédée rapidement ».

Aujourd’hui, chacune des babayagas a su trouver sa place, « le temps a coulé, on s’apprécie, on se respecte, sans se spolier, sans se marcher dessus ». Bien évidemment, et nous le ressentons immédiatement, chacune a son caractère et souvent, bien trempé. Mais après tout, heureusement, sinon ce serait bien trop monotone pour des babayagas ! « Alors forcément, il y a des choses inévitables, mais je pense qu’il y a quand même une forme de bienveillance. Oui, une forme de bienveillance et de gentillesse. Mais ça, c’est le temps qui l’a permis, le temps que chacune trouve sa place et crée son espace ».


LA MAISON DES BABAYAGAS : L’ANTI MAISON DE RETRAITE

 

Aujourd’hui, la maison des babayagas, c’est 25 logements de type T1 ou T2, de 25 à 40 m2 environ. « C’est très honorable pour la région parisienne, c’est vraiment très honorable. Pour une personne seule, c’est très bien, on a tout à portée de main, les services, les commerces. »
Aujourd’hui, la maison des babayagas c’est un immeuble plutôt moderne, à la façade grise et orange. Rien d’extraordinaire à première vue. Des arbustes dépassent du muret et laissent les passants sur leur fin, curieux et intrigués de savoir ce qu’il peut bien se cacher derrière. Parce que oui, la maison des babayagas est plutôt « popu » à Montreuil. Des gens viennent de toute la France et même des pays voisins pour la visiter et rencontrer ces mamies un peu spéciales ! «  Je pense qu’il doit y avoir quelque chose qui nous échappe, parce que c’est vrai que notre maison suscite beaucoup d’intérêt de l’extérieur. Il y a beaucoup de personnes qui veulent voir, qui veulent rentrer. On est souvent sollicitées pour des entretiens avec des architectes, des journalistes… Nous on ne se rend pas vraiment compte. Mais c’est vrai, je suis d’accord, cette maison est un peu magique. En revanche, y-a-t-‘il une recette ? … ! »

UNE RECETTE MAGIQUE

 

Cette initiative est-elle réplicable ? Marcherait-elle de la même manière ailleurs ? Dans un autre lieu ? Avec d’autres personnes ? La question reste en suspens.

Il est un point que nous retiendrons tout particulièrement et que nous souhaitons vous partager : la maison des babayagas, ce n’est pas une maison de retraite. Parce que la maison de retraite, « c’est tellement horrible » ! N’imaginez pas une seule seconde les convaincre du contraire, vous risqueriez de vous retrouver face à 25 babayagas déterminées à vous faire changer d’avis !  « Ici, on se fait une nouvelle vie. La maison des babayagas ce n’est pas une maison de retraite où l’on attend patiemment de mourir. Nous sommes hyper actives, nous sommes dans l’action et non dans l’attente ». Les babayagas sont autonomes, indépendantes et dynamiques. Pour elles, pas question de se laisser aller, de se laisser porter par le temps ou par les autres, bien au contraire. La « positive attitude » est de rigueur, soutenue par une volonté profonde d’être dans l’action. « Je crois qu’il faut être optimiste, et non égoïste. Nous ne sommes pas dans le : si on ne fait rien ça ne va pas, et si on fait quelque chose, on fait trop. Il faut arrêter de jouer dans les bacs à sable si on veut vivre chez les babayagas. Fini les chamailleries, sinon ce n’est pas bon ! »

Tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin à une maison de retraite est à exclure, à bannir !

Un espace commun pour organiser des ateliers chaque mercredi après-midi ? Non merci, vous répondront-elles ! Parce que chez les babayagas « on ne veut pas de ça, on ne veut surtout pas de ça. Nous ne sommes pas une maison de retraite. Nous ne sommes pas, intrinsèquement pas, une maison de retraite, ni un palliatif à une maison de retraite ».

Compris ?

Mais alors comment définir cette étrange maison des babayagas. Nous avons essayé.

La maison des babayagas, c’est un lieu de vie, de partage et d’entraide, autogéré par des femmes de plus de 60 ans, autonomes, dynamiques, actives, et indépendantes, parfois même militantes, féministes et engagées. C’est un lieu accueillant, un lieu ouvert sur l’extérieur, «  un lieu où l’on se fait du bien ».

LES BABAYAGAS, DES FEMMES ET UNIQUEMENT DES FEMMES

 

C’est bien ! Aucune ambiguïté ! Les babayagas sont devenues des voisines et souvent même,… amies. « Moi j’aime bien avoir des amies femmes, j’aime bien avoir des amis hommes aussi, mais là je sens que ce sont de vraies amies. Je ne souhaiterais pas que ce soit autre chose que des amies ! Et pas des amies qu’on colle tout le temps ! C’est le bonheur absolu d’avoir des amies !! »

Même âge, même convictions ou presque, les babayagas sont sûres d’une chose, chez elles, règne la tolérance et le respect « On n’a pas besoin de beaucoup de temps pour se comprendre. Nous ne sommes pas dans la surenchère. On n’est pas non plus dans un truc de séduction. Et puis on a un vécu. Je veux dire par là que les femmes qui arrivent chez les babayagas ont souvent un gros vécu derrière elles, et j’ai l’impression qu’il y a une forme de tolérance, une certaine écoute, une certaine bienveillance, une forme de respect qui se met en place de suite, sans attendre. Parce que…, je suis qui pour te juger… non, jamais de la vie ça ! »

LA RENCONTRE DES BABAYAGAS :
QUELQUES HEURES DE PARTAGE & UNE BELLE LEÇON DE VIE

 

Pour conclure, nous vous dirons que la maison des babayagas est un petit écosystème autosuffisant à part entière. Ne pensez pas que tout est rose tout le temps, non bien au contraire, ça ne ressemblerait pas du tout aux babayagas ! Mais en tous les cas, ça marche, ça fonctionne, ça roule, ça vit !
« J’ai l’impression que la maison nous maintient en bonne santé. La vie tourne, la vie tourne dans cette maison, c’est vivant, nous sommes vivantes ! »

Un grand merci à toutes les babayagas, pour nous avoir reçues et fait partager ce moment. A très bientôt nous l’espérons !

 

 

Par Léa Kessler © ALOGIA

SILVER ECONOMIE BORDEAUX : THE PLACE TO BE !

Silver Economie Bordeaux, THE PLACE TO BE !

Jeudi 16 février a eu lieu le SAPS ! Et toute l’équipe était présente pour rencontrer startups et professionnels de la santé !

©ALOGIA

Le 16 février, Alogia était présent au Symposium Acteur des Professionnels des Séniors. Ce salon rassemble des acteurs de la silver économie, économie dédiée aux personnes âgées de nos sociétés. Caractérisé comme un outil de business et de réseau pour les professionnels, l’objectif principal du SAPS est de mettre en relation les différents professionnels afin d’échanger et de développer leur réseau. Le vieillissement de la population impacte tous les secteurs d’aujourd’hui : mobilité, habitat, établissement de soin … C’est pourquoi, ce salon permet de faire rencontrer startup et professionnels de la santé afin de répondre aux attentes de nos ainés.

Notre président a tenu une conférence accompagné de Marc Raynaud président de l’OMIG (Observatoire du Management InterGénérationnel), d’Eugénie Berthou responsable développement Familizz et d’Elie Caillaud directeur National Exploitation des Sénioriales. La conférence portait sur les relations intergénérationnelles : quelle communication adapter et quelles sont les solutions ? Présentations, échanges et débats ont rythmé cette rencontre entre intervenants et participants.

L’utilisation des moyens de communication par les séniors est un sujet qui a été abordé au cours de cette conférence. On sait qu’un grand nombre de séniors rencontrent des difficultés dans l’utilisation de ces nouvelles technologies pour communiquer. Ils font partis d’une génération qui n’a pas grandi avec ces produits innovants. Tout est une question d’ergonomie et de facilité d’utilisation pour les aider au mieux à bien comprendre leur fonctionnement.

Un autre sujet a été évoqué : la problématique du transfert de savoir de nos ainés aux jeunes. « Les jeunes n’en comprennent pas la nécessité. À la sortie de leur licence ou de leur master, ils ont l’impression de tout savoir. Et les personnes âgées n’arrivent plus à partager leurs expériences ». Il est pourtant indispensable de veiller à constituer des opportunités d’échanges intergénérationnels et il appartient à l’organisation et au management de veiller à ce processus. Il est préférable que les deux parties échangent dans les deux sens.

Enfin pour conclure ce débat, un certain nombre de participants ont évoqué le fait qu’« on est tous responsables du regard des jeunes sur le vieillissement ». La société même pense que maladie et dépendance définissent le quotidien des personnes âgées. « On a toute une éducation à refaire sur ce qu’est le vieillissement »

©ALOGIA

©ALOGIA

Après avoir accueilli les participants, assisté aux conférences, nous nous dirigeons vers le concours Silver Creators !  Une de nos collègues, Aurélie Thévenet, présentait face à deux autres concurrents, son projet Linestie (application tiers de confiance entre les établissements et les familles) ! Après avoir pitché et défendu leur projet, le résultat tombe … c’est le projet Linestie qui remporte le concours ! 🙂

Notre journée se termine autour d’un bon dîner où échanges et discussions, nous mènerons vers de nouveaux projets !

Margaux Deville.

BIENVENUE DANS L’AVENIR !

BIENVENUE DANS L’AVENIR !

Hier, toute l’équipe d’ALOGIA était présente à la Cité du vin de Bordeaux pour le Colloque Européen Silver Economie et Habitat.
Le sujet du jour : « Comment vieillir avec nos robots ? ». 

©ALOGIA

L’équipe d’Alogia était dans les starting-blocks

Sur le showroom, Maryne, notre doctorante Projets Innovants, a animé deux sessions de Linving-Lab intergénérationnel sur ce sujet. Les participants ont commencé par imaginer leurs robots, aspects, fonctionnalités… Puis ils ont découvert les robots Kampaï, Beam+, Leemby, Pepper et Prima. Les participants nous ont confié leurs impressions, leurs craintes, leurs besoins et leurs envies. Ces deux sessions nous permettront de rédiger un rapport détaillé.

 

Un grand merci aux participants de nos ateliers et aux organisateurs du colloque.
ALOGIA
Showroom - Salon Silver Economie et Habitat

Aurélie Thévenet.

ICI ON PARLE AUTONOMI(C) !

ICI ON PARLE AUTONOMI(C) !

Le salon Autonomic, c’est 2 jours durant lesquels les acteurs du Handicap, du Grand Âge et du Maintien à Domicile exposent leurs produits et leurs services dans les allées du Parc des Expositions de Bordeaux Lac, pour la première édition à Bordeaux !

©Autonomic Expo

Le salon Autonomic existe déjà depuis plusieurs années, notamment à Paris, mais le voilà à Bordeaux.

Ce salon rassemble plus de 150 exposants, spécialisés dans les différentes solutions pour lutter contre la perte d’autonomie, le maintien à domicile, le confort de la vie et l’accessibilité. Autant de thématiques rejoignant l’activité et le leitmotiv d’ALOGIA.

10 000 visiteurs, une belle réussite pour le salon Autonomic !!

C’est une véritable occasion pour nous de faire le point sur l’ensemble des nouvelles technologies innovantes existantes sur le marché aujourd’hui, de rencontrer et d’échanger nos expériences avec les exposants.

Nous rencontrons de nouveaux professionnels spécialisés dans l’aide à la personne, la domotique, la robotique, les nouveaux moyens de transport adaptés au handicapé, les aides aux déficiences cognitives (boucles magnétiques, vidéo agrandisseur…).

On y trouve les best-sellers du moment, notamment le robot phoque Paro, et d’autres produits moins connus mais tout aussi utiles comme handiplat, un plateau pour préparer et manger son repas en toute autonomie en n’utilisant qu’un seul bras !

Ce que nous retenons de ce salon :

  • Des innovations variées et vraiment intéressantes, du « simple » gadget à la technologie poussée
  • En matière d’innovations, il y en a pour tous les besoins et pour tous les goûts !
  • Un salon bien organisé et rassemblant beaucoup de monde !

ALOGIA DÉBARQUE EN CHINE

ALOGIA DÉBARQUE EN CHINE !

Nous voilà parti pour le salon des soins et du vieillissement en Chine du 5 au 8 mai.

Le salon CISSE c’est le plus grand salon chinois consacré à l’accompagnement des séniors.

Ce salon se découpe en plusieurs grandes thématiques :

  • Les maisons de retraite, les résidences services et le maintien à domicile
  • L’architecture, la domotique, les équipements de la maison et la télésurveillance
  • Les soins à domicile, les soins de suite et de réadaptation, la grande dépendance et l’accompagnement médicalisé
  • La formation du personnel soignant et des travailleurs sociaux
  • Les produits et services pour le bien-vieillir, la prévention, l’autonomie Services dédiés aux seniors : tourisme, loisirs, services financiers…

Autant de thématiques en lien avec notre start up ALOGIA.

Durant ces quelques jours, nous avons tenu un stand pour présenter Alogia et ses innovations au pavillon France. C’est aussi l’occasion pour nous de découvrir le marché chinois en termes d’innovations dédiées aux séniors.

Nous avons eu la chance d’avoir la visite d’une délégation d’officiels Chinois : diplomates et politiques, entrepreneurs et investisseurs.

Sur le pavillon France était présent notre partenaire Domofrance mais aussi des fabricants de technologies avec lesquels nous travaillons.

Comme lors du CES de Las Vegas, les Français ont été très appréciés pour leurs offres de services.

Ce que nous avons pu retenir de cet évènement, c’est la profusion d’offres et d’acteurs Chinois et les difficultés pour les acteurs Français, même disposant de gros moyens, pour pénétrer ce marché.
De l’autre côté, les Chinois sont dans les starting block en termes de développement et vont très bientôt inonder le marché mondial des services aux personnes âgées.